Fixer le prix d’une coloration, ce n’est pas “ajouter 10€” et espérer que ça passe. Une prestation technique, c’est une équation : du temps, une consommation produit qui varie énormément, et des habitudes qui font vite dériver les quantités. Résultat : beaucoup de salons sous-facturent sans le savoir, puis compensent ailleurs (remises, pression sur l’équipe, hausse générale mal assumée). Pire encore, quand ils réalisent qu’ils ne sont pas rentables, ils finissent souvent par augmenter fortement leurs prix d’un coup pour rectifier le tir, et perdent alors une partie de leur clientèle.
Dans cet article, on vous propose une méthode simple pour tarifer juste, protéger la marge, et garder une grille lisible pour la clientèle.
Pour fixer le prix d’une coloration rentable, partez du coût produit réel, ajoutez une marge cible, puis structurez une grille en 3 niveaux (retouche / mi-longs / longs) ou sur une logique de forfait + suppléments. Ensuite, réduisez la variabilité en standardisant les dosages et en suivant vos écarts de consommation.
Pourquoi vos prestations couleur ne sont pas rentables ?
Deux réalités rendent la tarification technique plus complexe qu’une coupe :
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- La consommation de produit n’est pas stable
Deux coloristes peuvent consommer très différemment sur une même prestation. Et même sur une même cliente, les quantités bougent selon la densité, la longueur, la technique, la repousse, etc. - Le gaspillage existe… même quand tout se passe bien
En moyenne, une partie importante des mélanges finit tout simplement… dans l’évier. C’est un sujet majeur, et c’est précisément ce qui transforme une prestation rentable sur le papier en prestation qui grignote vos marges sans que vous ne vous en rendiez compte.
- La consommation de produit n’est pas stable
Conséquence : si votre tarif est fixe mais que votre coût produit varie (et dérive), votre marge est aléatoire.
👉 Lire l’article : Comment réduire le gaspillage en salon avec Vish
Comment fixer le prix d’une coloration
Étape 1 — Calculer le coût d’une coloration
Avant de fixer un tarif, il faut savoir ce que te coûte réellement une prestation. Pas en théorie : en vrai.
Coût produit réel = quantité utilisée × coût d’achat au gramme (ou ml)
Là où ça se complique, c’est que beaucoup de salons :
- arrondissent les quantités,
- “préparent large” par sécurité,
- oublient de comptabiliser tous les produits (patines, oxydants, etc.),
- ou n’ont aucune visibilité sur la consommation par service.
👉 L’idée n’est pas de faire de la compta à chaque bol. L’idée, c’est d’avoir une mesure fiable qui te donne une base solide.
Étape 2 — Définir une marge cible sur une coloration
Une fois ton coût produit clair, tu peux décider combien tu veux garder sur ta prestation.
L’objectif n’est pas de sortir une formule compliquée. L’objectif, c’est d’éviter le scénario :
“On fait du chiffre… mais on ne gagne pas d’argent sur la couleur.”
Ou pire… on croit qu’on gagne de l’argent, mais on n’en gagne pas !
Une bonne tarification, c’est une tarification qui :
- couvre ton coût produit réel,
- absorbe la variabilité (dans une certaine limite),
- et te laisse une marge cohérente avec le temps passé et ton positionnement.
Étape 3 — Fixer une grille de tarifs coloration (cheveux courts, mi-longs, longs)
Le meilleur compromis en salon, c’est souvent une grille en 3 niveaux. Elle est lisible, explicable, et te permet de rester juste.
Exemple de logique :
- Niveau 1 : retouche / cheveux courts / faible densité
- Niveau 2 : mi-longs / densité standard
- Niveau 3 : longs / épais / technique plus lourde
Chaque niveau correspond à une fourchette de temps + une fourchette de consommation.
Tu ne vends pas une « coloration », tu vends un service personnalisé, adapté à chaque type de cheveux.
Comment standardiser les dosages pour protéger votre marge ?
Même avec une grille tarifaire propre, tu peux continuer à perdre de la marge si :
- un collaborateur surdose par sécurité,
- un autre refait un mélange “au cas où”,
- ou si des restes partent dans l’évier à chaque prestation.
C’est pour ça que les salons performants ne s’arrêtent pas au “prix”. Ils mettent en place des standards.
Les standards à mettre en place
- une logique de dosage par type de service,
- une méthode de préparation qui limite l’arrondi,
- un suivi par collaborateur (pour coacher, pas pour surveiller),
- et un rituel simple de pilotage.
Avec Vish, standardisez vos préparations couleur
Moins de surdosage, moins de gaspillage, plus de marge.
Forfait ou prix selon la quantité : comment facturer une coloration au juste prix ?
Tu as 3 approches possibles. Le mieux dépend de ton positionnement.
Option A — Forfait coloration
✅ Simple, rassurant, facile à commercialiser
⚠️ Moins précis si la consommation varie beaucoup
Idéal si tu as déjà standardisé une partie des pratiques, mais souvent plus risqué.
Option B — Prix par longueur (courts/mi-longs/longs)
✅ Tu gardes une grille lisible
✅ Tu te protèges sur les cas “hors norme” (très longs/épais, multi-produits, etc.)
⚠️ Il faut être carré dans l’explication au client
Option C — Facturer selon la quantité
C’est l’approche la plus “juste” économiquement : le salon s’appuie sur une mesure fiable pour facturer une prestation technique au plus proche de la réalité. Le plus souvent, les salons qui utilisent cette option ont une logique de suppléments (1 supplément, 2 suppléments, etc.). Ca fonctionne assez bien, mais de plus en plus de salons choisissent une approche encore plus juste avec un supplément facturé au réel (par exemple coût produit x1,4).
Comment justifier le prix d’une coloration ?
Ce qui fait accepter un prix, ce n’est pas un argument compliqué. C’est la cohérence.
Quelques formulations simples :
- “Le prix dépend de la quantité de produit et du temps de travail nécessaire.”
- “On vous annonce une base, et si on sort du standard (longueur/densité), on ajuste de façon transparente.”
- “On préfère être juste : ni sous-doser, ni sur-facturer à l’aveugle.”
Quand la règle est claire, le client comprend.
Checklist : fixer ses tarifs de coloration simplement
- Liste tes 5 prestations techniques les plus vendues (ex : racines, patine, balayage, gloss, mèches…).
- Pour chacune, définis 3 niveaux.
- Mets noir sur blanc ce qui change le niveau : longueur, densité, technique, multi-produit.
- Calcule ou estime ton coût produit réel par niveau (là où tu perds le plus d’argent).
- Choisis une marge cible et ajuste ta grille.
- Mets en place un rituel mensuel : vérifier la conso moyenne + repérer les écarts.
- Recalibre si tu vois des dérives (sinon tu reviendras au “feeling”).
Une tarification couleur rentable, ce n’est pas “plus cher” : c’est plus maîtrisé. Quand tu connais ton coût réel, que tu limites la variabilité et que ta grille est claire, tu gagnes immédiatement en marge, en régularité de résultat… et en sérénité.
Si tu veux aller plus loin : commence par rendre la consommation visible et pilotable, prestation par prestation. C’est le point de départ le plus rapide pour arrêter de rogner ta marge “sans t’en rendre compte”.
L’essayer, c’est l’adopter !
et économiser des milliers d’euros par an.